Le Patek Philippe Museum fête son 20e anniversaire
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Le Patek Philippe Museum fête son 20e anniversaire
Le Patek Philippe Museum fête son 20e anniversaire
L’une des plus importantes et prestigieuses collections horlogères au monde
La Cote des Montres le 16 novembre 2021
Inauguré en novembre 2001, le Patek Philippe Museum de Genève réunit l’une des plus importantes et prestigieuses collections horlogères au monde. En quelque 2500 montres, automates, objets précieux et portraits miniatures sur émail, il propose un fabuleux voyage à travers cinq siècles d’art horloger genevois, suisse et européen – ainsi qu’un panorama très complet de la production de Patek Philippe depuis 1839. Doté récemment d’une nouvelle muséographie offrant une expérience de visite très vivante, ce haut lieu genevois de renommée internationale permet aux spécialistes, aux amateurs éclairés et au grand public de mieux connaître le patrimoine culturel exceptionnel que constituent l’horlogerie et les arts qui lui sont liés.
Une incroyable collection privée
Le Patek Philippe Museum est né d’une passion, celle de Philippe Stern, alors président de la manufacture genevoise, et aujourd’hui président d’honneur. Philippe Stern commence très tôt à collectionner les garde-temps. Son intérêt se porte d’abord sur les montres Patek Philippe, notamment les modèles à complications. A partir de 1980, il élargit ses recherches à tous les garde-temps ayant marqué l’histoire horlogère depuis le XVIe siècle, ainsi qu’aux trésors de l’émaillerie, grande spécialité genevoise. C’est ainsi qu’il constitue peu à peu l’une des plus merveilleuses collections horlogères actuelles. Mais en rassemblant tous ces chefs-d’œuvre de technique et d’esthétique, Philippe Stern n’entend pas seulement satisfaire ses goûts personnels. Son ambition est aussi de faire découvrir et aimer le grand art horloger à un vaste public, de contribuer au rayonnement de la haute horlogerie à Genève et de favoriser la transmission de ce patrimoine aux jeunes générations. Ainsi germe peu à peu l’idée de créer un musée.
Un bâtiment de grand style
A collection exceptionnelle, écrin exceptionnel : le Patek Philippe Museum verra finalement le jour dans un magnifique bâtiment industriel construit en 1919-1920 et subtilement réhabilité. Situé au numéro 7 de la rue des Vieux-Grenadiers, dans le quartier de Plainpalais, à Genève, cet édifice possède une longue histoire vouée à l’horlogerie et aux arts qui lui sont associés. Il a été racheté par Patek Philippe en 1975 pour y loger les Ateliers Réunis, une unité de production de boîtiers, de bracelets et de chaînes. En 1996, suite au transfert de ces activités au sein de la nouvelle manufacture de Plan-les-Ouates, le bâtiment se retrouve vide. Philippe Stern décide alors d’y exposer sa collection. Entre 1999 et 2001, l’édifice est entièrement restauré et agrandi d’un étage, dans le respect de l’architecture d’origine. L’agencement intérieur est confié à son épouse, Gerdi Stern, désireuse de donner à cet espace l’atmosphère chaleureuse et feutrée d’un salon privé. En novembre 2001, les collections du Patek Philippe Museum sont enfin dévoilées au public, dans un cadre digne de leur valeur technique, artistique, esthétique, historique et scientifique.
500 ans d’histoire de la montre
Plus qu’un musée consacré à une marque, le Patek Philippe Museum est un lieu unique au monde permettant de découvrir cinq siècles de patrimoine horloger, ainsi qu’un reflet de tous les arts décoratifs traditionnellement liés à l’horlogerie – gravure, émaillage, sertissage, guillochage, etc. Ses collections s’articulent en effet en deux volets. Au deuxième étage, un voyage à travers l’histoire de la montre mécanique portative, des origines – dès le XVIe siècle – au début du XIXe siècle. Au premier étage, un tour d’horizon des plus belles créations de Patek Philippe de 1839 à 2000. La vocation didactique du musée est renforcée par la présence au troisième étage d’une bibliothèque de plus de 8000 livres consacrée à l’horlogerie et aux branches annexes.
Un lieu incontournable
En deux décennies, le Patek Philippe Museum s’est imposé comme l’un des principaux musées et hauts lieux culturels de Genève, pour les visiteurs venus du monde entier, comme pour les habitants de la région voulant mieux connaître le patrimoine genevois. Sa fréquentation a connu un succès croissant, avec plus de 600 000 entrées en 20 ans. En plus des collections permanentes, le musée a organisé plusieurs expositions temporaires mettant à l’honneur certains de ses trésors : « Montres royales » en 2005, « Montres chinoises » en 2010 et « Des montres signées Rousseau » en 2012. Le lieu propose des visites guidées publiques en français et en anglais tous les samedis, également disponibles sur rendez-vous en sept langues (français, anglais, allemand, italien, espagnol, chinois et russe). A cela s’ajoutent des visites thématiques (émaillage, automates, parcours pour enfants, découverte de la Genève horlogère), elles aussi disponibles sur rendez-vous, ainsi que des week-ends « portes ouvertes » avec diverses animations. Certaines pièces du musée voyagent également à travers le monde lors des « grandes expositions » Patek Philippe consacrées à l’art horloger ouvertes au public.
Une toute nouvelle expérience de visite
Sous la houlette de Philippe Stern et de Peter Friess, directeur et conservateur du musée depuis 2014, les collections ont été sans cesse enrichies par de nouvelles acquisitions. Les parcours de visite des deux collections principales ont été réorganisés chacun en 20 zones thématiques mettant l’accent sur un aspect particulier de l’histoire de la montre ou de l’univers de Patek Philippe. En complément au riche programme de visites guidées, le musée a également développé un système d’audioguide sur tablette. Cet outil permet à la fois de fournir toutes les informations nécessaires sur les pièces exposées et d’illustrer le contexte dans lequel elles ont été créées et portées – en mettant en lumière les liens étroits entre l’horlogerie et la science, les modes, les mouvements artistiques et les évolutions sociales. L’audioguide propose près de 20 heures d’enregistrement en français, anglais ou allemand et d’autres langues seront disponibles dès 2023. Le visiteur peut y puiser à sa guise ou suivre un parcours préétabli, tel celui proposé par Philippe Stern lui-même. Près de 10 000 photographies complètent ce support, permettant ainsi de « zoomer » sur des détails ou d’admirer des éléments non visibles dans les vitrines. Cette expérience de découverte « à la carte », moderne, interactive et dynamique laisse à chacun la liberté de moduler sa visite en fonction de ses intérêts.
Des publications de référence
Pour les spécialistes et passionnés d’horlogerie, le Patek Philippe Museum a édité deux catalogues très complets – l’un sur la collection Patek Philippe, sorti en 2013, l’autre sur la collection ancienne, sorti en 2016. Ce dernier étant épuisé, une nouvelle édition complétée avec les nouvelles acquisitions sera lancée en 2023.
À l’occasion de son 20e anniversaire, le musée prépare deux nouvelles publications de 100 pages chacune destinées à un vaste public. L’une est dédiée à la collection ancienne, l’autre à la collection Patek Philippe. Imprimés chacun à 10 000 exemplaires, ces ouvrages, disponibles en anglais dès 2022, seront vendus ensemble dans un même coffret ou séparément.
Patek Philippe Museum
La visite en bref
Le Patek Philippe Museum propose une visite sur quatre niveaux, selon un parcours qui commence au rez-de-chaussée et se poursuit par les 3e, 2e et 1er étages.
Rez-de-chaussée : collection d’établis, d’outils anciens et cabinet de restauration
Troisième étage : archives historiques Patek Philippe, bibliothèque et collection de portraits et tabatières en peinture miniature sur émail
Deuxième étage : collection ancienne, du XVIe au milieu du XIXe siècles
Premier étage : collection Patek Philippe, de 1839 à 2000.
Rez-de-chaussée
Collection d’établis, d’outils anciens et cabinet de restauration
Au rez-de-chaussée sont exposés d’anciens établis d’horlogerie et de bijouterie évoquant l’atmosphère des ateliers d’antan. Une collection d’outils et de machines datant du XVIIIe au milieu du XXe siècles illustre les différentes étapes de fabrication des garde-temps ainsi que les divers procédés mis en œuvre pour leur décoration.
Pour compléter ce tableau dédié à la tradition, un grand atelier vitré rappelant ceux où œuvraient autrefois les fameux « cabinotiers » genevois permet d’admirer le travail des horlogers restaurateurs spécialisés dans la remise en état des montres exposées. Cette tâche complexe et minutieuse exige une grande habileté manuelle ainsi que de solides connaissances en matière de technique et savoir-faire traditionnels pour recréer certains composants à l’identique, en utilisant parfois les mêmes outils que leurs nobles prédécesseurs.
Troisième étage
Archives historiques Patek Philippe, bibliothèque et collection de portraits et tabatières en peinture miniature sur émail
Le troisième étage est dédié à l’histoire de Patek Philippe, avec une sélection d’archives historiques retraçant les grandes heures de la manufacture, dont des documents manuscrits évoquant ses fondateurs, Antoine Norbert de Patek et Jean Adrien Philippe.
Les visiteurs peuvent découvrir une reconstitution fidèle du bureau d’Henri Stern, père de Philippe Stern et grand-père de l’actuel président Thierry Stern – un rappel du caractère familial de la dernière grande manufacture genevoise indépendante.
Le troisième étage abrite également une fabuleuse bibliothèque consacrée à l’horlogerie et à ses branches annexes, ainsi qu’à la peinture miniature et aux portraits sur émail. Parmi les quelque 8000 livres allant du XVIe siècle à nos jours figurent de nombreux ouvrages aussi précieux que rarissimes, dont des écrits de Galilée (1564-1642) et de l’inventeur du spiral Christiaan Huygens (1629-1695).
Au centre de cette bibliothèque prennent place quatre vitrines murales réunissant une collection inestimable de 141 portraits miniatures sur émail, dont des pièces signées par les plus grands maîtres, ainsi qu’une vitrine « table » regroupant 16 tabatières décorées à l’aide de la même technique ancestrale, enrichies de perles et de motifs guillochés – des chefs-d’œuvre de haut artisanat datant des XVIIIe et XIXe siècles. Une belle illustration de cet art très sophistiqué qui s’imposa comme une grande spécialité genevoise et contribua beaucoup à sa renommée internationale.
A cela s’ajoutent plusieurs pièces horlogères et astronomiques d’exception comme une horloge de table fabriquée vers 1810 par le maître français Antide Janvier. Sa base est surmontée de trois Atlas nus en bronze patiné soutenant un globe céleste en verre gravé à l’intérieur duquel un planétaire reproduit le mouvement des planètes et de la Terre autour du Soleil.
Deuxième étage
Collection ancienne, du XVIe au milieu du XIXe siècles
Le deuxième étage du musée présente, à l’aide de quelque 1200 pièces d’exception, un panorama très complet de l’histoire de la montre portative et des arts décoratifs utilisés pour embellir les garde-temps. Cette découverte est articulée en 20 zones thématiques se concentrant chacune sur un aspect spécifique de l’évolution technique et/ou esthétique de l’horlogerie (voir le plan de l’étage en annexe).
Le parcours commence avec l’apparition des toutes premières montres portables, au début du XVIe siècle, représentées notamment par l’un des plus anciens garde-temps de ce type, une montre-tambour allemande fabriquée vers 1530, que l’on « montrait » en la portant en pendentif. Jusque vers 1675, la montre – encore peu précise – est avant tout un objet de prestige, un témoignage de richesse et de raffinement. D’où l’importance accordée à sa décoration, avec notamment des boîtiers superbement gravés, sertis, ornés d’émail cloisonné ou champlevé, et la grande inventivité au niveau des formes – dont témoignent, parmi d’autres, des montres carrées, ovales, sphériques, ou de curieux garde-temps en forme de croix, de crânes (vanités) ou encore de dauphins.
Le visiteur découvre aussi l’essor de l’horlogerie genevoise, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, renforcé par l’arrivée des artisans « huguenots » (protestants) français fuyant les persécutions.
Vers 1630 apparaissent en France, à Blois, puis dans d’autres pays d’Europe, les premiers décors sur boîtiers et cadrans en peinture miniature sur émail. Un art de l’éclat et de la couleur dont le musée présente toute une palette de chefs-d’œuvre à sujets mythologiques ou religieux, souvent inspirés par les plus grands peintres. Parmi les fleurons de cette époque, une montre-pendentif française baptisée « Les vertus théologales », remarquable pour son décor de boîtier combinant émail champlevé, relief et camaïeux avec diamants (S-1054). Les artisans genevois se tournent, eux aussi, vers la technique complexe de la peinture miniature sur émail, qu’ils vont bientôt porter à un niveau de finesse et de perfection inégalé.
En 1675, l’invention du ressort-spiral par le Hollandais Christiaan Huygens fait entrer l’horlogerie dans une nouvelle ère. D’objet de parade, la montre devient un instrument de précision ne fluctuant plus que d’une ou deux minutes par jour. Cette avancée technique stimule les découvertes scientifiques, lesquelles contribuent à leur tour à faire progresser l’horlogerie. Le Patek Philippe Museum témoigne de l’essor de cette horlogerie scientifique à travers toute une collection de garde-temps très sophistiqués montrant une double quête – celle de la complication horlogère et de la précision.
Le siècle des lumières est aussi une époque de grande recherche esthétique. Les montres féminines, portées en pendentifs ou avec des châtelaines, à la ceinture, s’allient à tous les raffinements de la joaillerie. Les cadrans présentent de multiples visages, parfois très originaux. La célèbre « Fabrique » genevoise réunissant tous les métiers liés à l’horlogerie se distingue par sa production renommée dans le monde entier, notamment ses décors en peinture miniature sur émail, avec le fameux « fondant genevois » leur donnant un brillant et un éclat incomparables.
Parmi les créations destinées à l’exportation se distinguent les montres produites pour le marché chinois, le plus souvent en paires – avec parfois des pièces jumelles aux décors inversés dits « miroirs », telles les montres de poche « Vénus liant les ailes de l’amour », avec peinture miniature sur émail, perles et turquoises, fabriquées à Genève vers 1815 (S-133A et B). Autres curiosités : les montres richement ornées conçues pour le marché ottoman, reconnaissables à leurs chiffres « turcs » et à leurs motifs essentiellement floraux.
Sommet de virtuosité mécanique, l’art des automates fleurit à cette époque et le Patek Philippe Museum en présente un florilège époustouflant, avec des garde-temps dotés de véritables « tableaux vivants », des « oiseaux chantants » égrenant leur mélodie tout en battant des ailes, des petits personnages bougeant les bras pour afficher l’heure et la minute ainsi que de multiples mécanismes musicaux.
La technique progresse aussi à grands pas, comme l’illustre une pièce de l’horloger anglais Thomas Mudge, datée de 1762 et considérée comme la toute première montre de poche à quantième perpétuel de l’histoire (S-1033). Parmi les précurseurs des horlogers modernes se distinguent notamment le célèbre Abraham-Louis Breguet (1747-1823), dont le musée possède plusieurs pièces phares, parmi lesquelles deux exceptionnelles « pendules sympathiques » (S-970A), ainsi que Jean-Antoine Lépine (1720-1814), inventeur d’une nouvelle architecture de mouvement permettant de fabriquer des montres plus plates. A cela s’ajoutent les premières montres de poche à remontage automatique, dont les mécanismes sont désormais visibles au musée, car exposés en dehors de leurs boîtiers respectifs.
Côté féminin, la fin du XVIIIe siècle est marquée par une vague d’excentricité qui influencera l’horlogerie jusque vers 1830. C’est l’âge d’or des montres dites « fantaisie », dont le musée possède une collection d’une incroyable richesse, avec des garde-temps prenant les formes les plus variées – instruments de musique, animaux, fleurs, fruits, etc., généralement peints en émail et très colorés – et s’associant à une vaste gamme d’objets utiles au quotidien – couteaux, tabatières, nécessaires de dames, etc. Parmi les autres curiosités, une montre « à tact » de 1800 permettant de lire l’heure du bout des doigts, avec boîtier entouré de douze pierres précieuses dont les initiales forment par acrostiche l’expression « heures d’amour » (S-1048).
La visite de ce deuxième étage se termine par un gros plan sur le développement des montres à sonneries (dont les fameuses répétitions minutes), sur une évocation de la naissance du chronographe – avec notamment plusieurs « chronographes encreurs » conçus par Nicolas Mathieu Rieussec dans les années 1820 (S-965) – et sur l’évolution du système de remontage et les tentatives de libérer les montres des clefs de remontage et de mise à l’heure, avant l’invention capitale de Jean Adrien Philippe.
Premier étage
Collection Patek Philippe, de 1839 à 2000
Le premier étage est entièrement dédié aux créations de Patek Philippe de 1839 à 2000, complétées par quelques montres commémoratives éditées depuis lors. Près de 1150 garde-temps – montres de poche, montres-pendentifs, montres-bracelets, pendulettes – tracent le portrait de l’une des manufactures horlogères les plus créatives en 20 zones thématiques (voir le plan de l’étage en annexe). Un patrimoine constituant aujourd’hui une riche source d’inspiration pour la maison genevoise.
En 1839, le Polonais Antoine Norbert de Patek fonde avec un certain François Czapek une firme horlogère à Genève. Leur production est d’abord principalement orientée vers la Pologne, comme en témoignent des montres à motifs religieux ou patriotiques.
En 1845, Patek décide de s’associer avec Jean Adrien Philippe, un jeune horloger français inventeur du double système de remontage et mise à l’heure à l’aide d’une couronne, c’est-à-dire des premières montres sans clef. Ce système révolutionnaire et breveté deviendra rapidement la norme pour toutes les marques horlogères – et l’est encore aujourd’hui.
La manufacture se fait rapidement connaître par l’excellence de ses garde-temps, tant sur le plan technique qu’esthétique. Un essor illustré par une grande variété de montres de poche et montres-pendentifs faisant appel aux modes de décoration les plus raffinés – gravure, émail, sertissage...
En 1851, Patek Philippe remporte une médaille d’or lors de l’Exposition universelle de Londres. La reine Victoria achète alors une montre-pendentif bleue et en admire une autre également décorée d’émail et de diamants (P-24) – deux pièces exposées aujourd’hui au sein du musée. De nombreux aristocrates et têtes couronnées suivront par la suite son exemple en acquérant des garde-temps de la manufacture, qu’ils feront personnaliser par le biais de monogrammes et d’armoiries royales émaillés – telle la fameuse montre de poche à sonnerie de 1910 dite « Duc de Regla » (P-534).
La précision est d’emblée l’une des pierres angulaires de Patek Philippe. Cette quête est illustrée par une partie des innombrables montres et mouvements spécialement dédiés – et pour certains jamais commercialisés – ayant dominé les concours chronométriques d’observatoires entre 1873 et 1968. Sans oublier les nombreuses récompenses et médailles remportées par la manufacture, que l’on retrouve exposées au troisième étage du musée.
Patek Philippe s’impose dès ses débuts par sa maîtrise souveraine des « complications », toutes ces fonctions ou indications autres que l’heure, la minute et la seconde, comme en témoignent plusieurs espaces consacrés chacun à un type de garde-temps emblématique. Le quantième perpétuel, avec notamment la toute première montre-bracelet à quantième perpétuel connue, fabriquée par Patek Philippe en 1925 (P-72). Les montres de voyage, avec les modèles à doubles fuseaux horaires et les fameuses montres à Heure Universelle. Les montres à sonneries, avec de nombreuses répétitions minutes ainsi que la toute première montre-bracelet à sonnerie Patek Philippe, une « répétition à cinq minutes » créée en 1916 pour le poignet féminin (P-594). A cela s’ajoutent les chronographes, avec notamment la première montre-bracelet dotée d’un chronographe à rattrapante (1923, P-1505), les tourbillons, les montres astronomiques, les équations du temps et toutes les Grandes Complications mariant plusieurs de ces fonctions dans un même garde-temps.
En plus de ces prouesses techniques, Patek Philippe s’est toujours distinguée par sa grande créativité au niveau des designs. Le musée propose un magnifique panorama de l’évolution esthétique de la montre-bracelet, depuis les tout premiers modèles de style « Officier », avec un accent sur l’Art nouveau et l’Art déco (l’un des âges d’or de la manufacture) représentés par une myriade de pièces aux formes les plus variées. Les montres pour dames occupent également une place d’honneur – de la toute première montre-bracelet suisse, fabriquée par Patek Philippe pour une comtesse en 1868 (P-49), aux créations joaillières très imaginatives et « acidulées » des années 1970.
Au fil de ce parcours, les visiteurs découvrent plusieurs autres facettes passionnantes de l’histoire et de la production de Patek Philippe. Une grande vitrine rappelle l’épopée de Gondolo & Labouriau, un revendeur brésilien de Rio de Janeiro pour lequel la manufacture fabriqua une vaste gamme de montres de poche et montres-bracelets entre 1872 et 1936.
Les grands collectionneurs américains du début du XXe siècle sont également bien représentés avec notamment les nombreuses pièces très sophistiquées réalisées pour James Ward Packard (P-704) et Henry Graves Junior (P-1497).
La passion de Patek Philippe pour les métiers de haut artisanat est illustrée par un choix de montres et de pendulettes ornées d’émail cloisonné ou de peinture miniature sur émail.
Autre centre d’intérêt récemment ajouté : les visiteurs peuvent découvrir les modèles d’origine des principales familles de montres actuelles, qu’il s’agisse de la Calatrava (1932), de l’Ellipse d’Or (1968), de la Nautilus (1976), de l’Aquanaut (1997) ou de la montre pour dames Twenty~4 (1999).
La dernière section rend hommage aux montres phares dévoilées par Patek Philippe à la fin du XXe et au début du XXIe siècles pour marquer des dates importantes, dont le fameux Calibre 89 (33 complications), créé en 1989 pour le 150e anniversaire de la manufacture et reconnu pendant plus de 25 ans comme la montre portable la plus compliquée du monde (P-1989), ou le Star Caliber 2000 (21 complications), destiné à saluer le nouveau millénaire.
Ce fabuleux voyage se termine sur la Grandmaster Chime, la montre-bracelet Patek Philippe la plus compliquée (20 complications, dont 5 sonneries), lancée en édition limitée en 2014 pour le 175e anniversaire de la manufacture et entrée depuis lors dans la collection courante.
Patek Philippe Collection
Inv. P-24
La montre-pendentif dite de Victoria, reine de Grande-Bretagne et d’Irlande
Inv. P-534
Amplitude
Inv. P-72
La première montre-bracelet avec quantième perpétuel
Inv. P-594
La première montre-bracelet Patek Philippe avec répétition
Inv. P-1505
La première montre-bracelet avec chronographe à rattrapante